Arthrose : une nouvelle technique pour soulager la douleur sans chirurgie

 

L’ostéoembolisation, une avancée médicale qui redonne espoir aux patients.

Face à l’explosion mondiale des cas d’arthrose et à l’insuffisance des traitements actuels, une nouvelle technique médicale redonne espoir aux patients : l’ostéoembolisation. Peu invasive, guidée par imagerie et réalisée en ambulatoire, cette approche innovante permet de soulager durablement les douleurs articulaires sans recourir à la chirurgie lourde. Elle illustre le rôle croissant de la radiologie interventionnelle dans la médecine moderne et pourrait transformer la prise en charge de cette maladie invalidante.

L'arthrose est une maladie chronique qui entraîne de nombreux problèmes de mobilité et d'autonomie à travers le monde. Il est estimé qu'à l'horizon 2025, plus d'un milliard de personnes seront touchées par l'arthrose d'ici 20501. Cette maladie est l'une des principales causes de diminution des capacités physiques chez les personnes de plus de 60 ans. Avec le vieillissement global de la population, il est prévu que l'impact sanitaire et économique de l'arthrose s'intensifie2.

Longtemps considérée comme une maladie bénigne, des études récentes ont montré que les patients atteints d’arthrose avaient un risque de mortalité plus important que la population généraleen particulier à cause d’un trop grand nombre de maladies cardiovasculaires, qui sont en partie liées à une baisse des capacités physiques2.

L’arthrose en chiffre : 

Le nombre de personnes souffrant d'arthrose du genou, de la hanche ou de la main, sera respectivement de 642 millions, 62,6 millions et 279 millions, ceux souffrant d’autres types d’arthrose étant 118 millions. L’augmentation est donc comprise entre 48,6% pour l'arthrose de la main, comprise entre 75 et 80% pour l'arthrose du genou et de la hanche, et jusqu’à 95,1% pour les autres localisations1

Pour chaque localisation, l'Europe centrale, l'Europe de l'Est et les pays d'Asie-Pacifique à revenus élevés sont les trois régions où l’augmentation du nombre de cas attendus d’ici 2050 sont les plus faibles. À l’inverse, l'Afrique subsaharienne devrait subir une augmentation de plus de 200% des cas d'arthrose, toutes localisations confondues1.

Ces dernières années, la fréquence  de l'arthrose a augmenté de manière alarmante : entre 1990 et 2020, (595 millions de personnes souffraient d'arthrose en 2020 (toutes localisations confondues), soit 7,6% de la population mondiale, en augmentation de 132,2% depuis 19901 .

« Plus on a mal et moins on bouge »

Une baisse de l’activité physique peut entraîner d’autres problèmes de santé, notamment des maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète9 :

Les conséquences peuvent être malheureusement tragiques : Les chiffres montrent que parmi les personnes atteintes d'arthrose, environ 50 % souffrent également d'hypertension artérielle, 48 % de dyslipidémie (anomalie du taux de lipides dans le sang) et 14 % de diabète de type 2. De plus, le risque de développer un déséquilibre du métabolisme est presque doublé chez les personnes atteintes d'arthrose 25  26.

Ces comorbidités (maladies ou problèmes de santé qui existent en même temps qu’une autre maladie principale) montrent à quel point il est important de gérer l'arthrose de manière globale, en tenant compte de tous les aspects de la santé du patient. 

Car l’arthrose est associée à une augmentation du risque de mortalité toutes causes confondues, et notamment cardio-vasculaire pour l’arthrose de hanche et de genou 27 28 29.

Dans une société où la population vieillit et où le surpoids est de plus en plus courant4, surtout dans les pays développés, les conséquences de l'arthrose peuvent être considérées comme sous-estimé par la société et les autorités compte tenu du manque de sensibilisation et moyens pour la recherche. 

Pourtant, son impact sur la vie quotidienne des personnes atteintes est considérable, et les coûts associés, qu'ils soient directs ou indirects, sont très important…

Une maladie mondiale invalidante au besoin médical non couvert à ce jour :

L’arthrose est une maladie lourde. Elle provoque des douleurs et affecte directement la mobilité et l’autonomie des personnes touchées. L’arthrose est l'une des principales causes d'invalidité dans le monde chez les plus de 60 ans1. En 2019, les arthroses de la hanche et du genou se classaient au 12e rang mondial des facteurs ayant contribué le plus aux années vécues avec un handicap, soit une augmentation de plus de 30% depuis 20 ans4

Les articulations les plus souvent atteintes par l’arthrose sont celles des mains (dans 35 à 45% des cas), du rachis (dans 45 à 50% des cas), des genoux (dans 30% des cas, on parle alors de gonarthrose) et des hanches (dans 10% des cas, cest ce que lon nomme la coxarthrose). Larthrose de la colonne vertébrale est quant à elle fréquente chez les 6575 ans, mais elle reste le plus souvent silencieuse. Les autres articulations épaules, orteils, chevilles, poignets et coudes sont moins souvent atteintes8

POUR COMPRENDRE :

L’OMS définit l’arthrose comme « une affection dégénérative des articulations. Elle entraîne des douleurs, des gonflements et des raideurs qui nuisent à la capacité d’une personne à se déplacer comme elle l’entend.

L’arthrose touche l’ensemble de l’articulation, y compris les tissus qui l’entourent. Elle apparaît le plus souvent aux genoux, aux hanches, à la colonne vertébrale et aux mains ».

L’arthrose peut réduire considérablement la qualité de vie. Elle rend le mouvement douloureux et difficile, ce qui peut empêcher les gens de participer à des activités domestiques, professionnelles ou sociales. Cela peut avoir des répercussions sur la santé mentale et entraîner des troubles du sommeil et des problèmes relationnels9.

 Après plusieurs années d’évolution silencieuse, l’arthrose entraîne des douleurs et un handicap locomoteur qui peut conduire à la perte d’autonomie. 

La prise en charge des patients arthrosiques est limitée : elle repose essentiellement sur la prévention et le traitement de la douleur car il n’existe aujourd’hui pas de traitement de fond de l’arthrose9.

SOULAGER MAIS PAS TRAITER….

La plupart des lignes directrices laissent entendre que les analgésiques opioïdes, la glucosamine et la viscosupplémentation ne sont pas efficaces pour l’arthrose 9. 

Les seuls traitements pharmacologiques disponibles à ce jour visent simplement à soulager la douleur liée à l’arthrose :

  • Le paracétamol apporte un bénéfice minimal et un surdosage peut causer des dommages graves et irréversibles au foie. C’est la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France12.
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) soulagent mais conviennent à très peu de patients. L'utilisation à long terme d'AINS oraux peut entraîner des effets indésirables graves et des lésions gastro-intestinales supérieures11.
  • Les dérivés opioïdes sont en général mal supportés et n’ont démontré aucun effet cliniquement significatif sur la douleur arthrosique. D’autre part, le risque majeur de dépendance est un vrai problème de santé publique à ce jour20.
  • Les injections de corticoïdes ne peuvent être utilisées que lors des crises inflammatoires. Les effet et qualité des preuves, même à court terme, sont faibles avec un risque d’infection post-infection21.
  • Après avoir fait les frais des preuves limitées de leur efficacité (déremboursement en mars 2015), la classe thérapeutique des anti-arthrosiques d’action lente AASAL en France est désormais fortement déconseillée par les directives sur l'arthrose23. Ces recommandations concernent également la glucosamine et le sulfate de chondroïtine en tant que compléments alimentaires24.
  • L’injection d’acide hyaluronique (relativement onéreuse), censée suppléer à la destruction du cartilage, n’a pas apporté une preuve d’efficacité clinique suffisante au-delà de l’effet placebo dans des essais contrôlés randomisés, ce qui explique le déremboursement sur le marché Français par l’Assurance maladie depuis 2017. Cependant cette option demeure pour certains patients une solution de soulagement temporaire avec peu d'effets secondaires14

Ainsi la seule action réellement efficace pour améliorer la qualité de vie des malades c’est la perte de poids, lorsqu’elle est nécessaire, et l’activité physique régulière qui permet de mobiliser et renforcer les articulations en maintenant la force des muscles. Malheureusement, on ne sait pas si cela permet de ralentir véritablement la progression de la maladie. 

Enfin, la pose d’une prothèse peut être envisagée quand l’articulation est trop atteinte mais cela reste une intervention chirurgicale invasive. 

 

La place de la chirurgie 

Traitement ultime de l’articulation arthrosique, la mise en place d’une prothèse nécessite une intervention chirurgicale (arthroplastie). Elle n’est utilisée surtout dans certaines localisations notamment la hanche et le genou lorsque la gêne fonctionnelle est trop importante et que le handicap devient sévère (dès lors que la marche n’est plus possible pour assurer son quotidien et/ou que les douleurs sont trop importantes)13.  

L’arthroplastie consiste à remplacer tout ou partie de l’articulation malade par une articulation artificielle (prothèse). Cette articulation artificielle permet, le plus souvent, d’améliorer nettement la qualité de vie et la motricité des patients, mais son efficacité est limitée à une quinzaine d’années en moyenne. Si cette chirurgie donne de très bons résultats pour la hanche, 20 % des patients continueront à souffrir à l’issue de l’intervention8

La chirurgie est également associée à une récupération plus longue, un risque d’infection nosocomiale, ainsi qu’à un risque de complications à la suite de l'anesthésie générale, en particulier chez les personnes âgées. 

Face à ce besoin médical non couvert avéré, il devient essentiel de développer de nouveaux traitements pour lutter contre la douleur liée à l’arthrose. 

 

L'embolisation ostéoarticulaire ? 

L’embolisation intra-artérielle est une technique médicale qui peut être utilisée pour traiter certains troubles musculosquelettiques, comme les douleurs aux tendons. Cette méthode repose sur une idée simple : dans les zones douloureuses, comme les tendons ou les points d’attache des muscles, de nouveaux petits vaisseaux sanguins se forment. L’embolisation vise à bloquer ces vaisseaux anormaux pour réduire l’inflammation et soulager la douleur. 

Dans certaines douleurs articulaires liées aux troubles musculosquelettiques (TMS), une inflammation peut provoquer la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la membrane qui entoure l’articulation (appelée synoviale). Cette modification de la circulation sanguine peut entretenir la douleur.

Les chercheurs ont donc émis l’hypothèse suivante : en bloquant ces petits vaisseaux anormaux grâce à une technique appelée embolisation, on pourrait réduire l’inflammation et, par conséquent, soulager la douleur15 16 19. Les études cliniques ont notamment démontré l’efficacité de ce protocole pour le genou, et l’épaule15 19.

L’embolisation est une technique médicale peu invasive, qui peut être réalisée quel que soit l’âge du patient ou la gravité de la maladie. Elle se fait sous anesthésie locale, ce qui signifie que seule la zone traitée est endormie, sans besoin d’endormir tout le corps16 30.

Le médecin accède aux vaisseaux sanguins16 30 en insérant un petit tube (appelé cathéter) dans une artère, souvent au niveau du poignet (artère radiale) ou de l’aine (artère fémorale). Ce tube permet de naviguer à l’intérieur des vaisseaux sanguins jusqu’à la zone à traiter — par exemple, les petites artères autour du genou.

Une fois sur place, le médecin injecte un produit pour bloquer les vaisseaux responsables de la douleur ou de l’inflammation16 30. L’ouverture faite dans la peau est très petite (1 à 2 mm) et est refermée à la fin de l’intervention, soit par une simple pression, soit à l’aide d’un petit dispositif.

Cette technique ambulatoire permet souvent de rentrer chez soi le jour même ou le lendemain17

Importée du Japon, l’embolisation ostéoarticulaire est un nouvel outil thérapeutique qui pourrait prendre une place croissante dans le traitement des douleurs chroniques dans les pathologies ostéoarticulaires mécaniques sujettes à des poussées inflammatoires. 

FOCUS :  La radiologie interventionnelle ? 

Les radiologues interventionnels sont des médecins spécialistes qui utilisent l’imagerie médicale (comme l’échographie, le scanner et plus particulièrement le Cone beam ou CBCT* ou l’IRM) pour réaliser des gestes médicaux ou chirurgicaux.

Grâce à l’imagerie médicale, ils peuvent guider de petits instruments (comme des aiguilles ou des cathéters) pour :

  • traiter des douleurs (par exemple, dans les articulations ou la colonne vertébrale),
  • déboucher ou boucher des vaisseaux sanguins,
  • drainer des abcès,
  • ou encore traiter certains cancers.

Ces interventions sont souvent moins douloureusesplus rapides à récupérer, et peuvent parfois éviter une opération classique.

EN SYNTHESE :

 

L’ostéoembolisation est une technique innovante qui offre un nouvel espoir aux personnes souffrant d’arthrose30, surtout lorsque les traitements classiques ne suffisent plus. Grâce à leur maîtrise des gestes médicaux guidés par l’imagerie, les radiologues interventionnels jouent un rôle clé dans cette approche. Ils ne se contentent pas de réaliser l’intervention : ils accompagnent aussi les patients avant et après le traitement. Cette méthode à la fois précise, peu invasive16, pourrait bien devenir une solution de choix pour soulager durablement les douleurs liées à l’arthrose, tout en mettant en lumière l’importance croissante de la radiologie interventionnelle dans la médecine moderne.

 

 

WF PROM juin 2025 E25003687

Référence bibliographiques

 

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2 Généralités sur l'arthrose : épidémiologie et facteurs de risque - 10/04/17 Maj 06/03/2023  M. Wieczorek A-C RAT 

3 Murray C, et al, Lancet 2020; 396: 1204–22

4 OMS : Obésité et surpoids Maj Mars 2024 : Principaux repères sur l'obésité et le surpoids

5J.FRANDON E.GREMEN  Safety and Efficacy of Embolization with Microspheres in Chronic Refractory Inflammatory Shoulder Pain: A Pilot Monocentric Study on 15 Patients Biomedicines 2022 

6 Grange L, et al, 2012 World Congress on Osteoarthritis (Barcelona) Osteoarthritis and Cartilage | Abstracts of the 2012 World Congress on Osteoarthritis April 26 - 29, 2012 Barcelona, Spain - Abstracts of the 2012 World Congress on Osteoarthritis April 26 - 29, 2012 Barcelona, Spain | ScienceDirect.com by Elsevier

7Global Burden of Disease Collaborative Network. Global Burden of Disease Study 2019 (GBD 2019) results. Global Burden of Disease Study 2019 (GBD 2019) Data Resources | GHDx

8 INSERM :  Arthrose La maladie articulaire la plus répandue : https://www.inserm.fr/dossier/arthrose/ étude FRANCE

9 OMS: Arthroses Juillet 2023: Arthrose10 Hunter DJ, et al, Lancet 2020; 396: 1711-1712

10 ANSM : Dossier thématique - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens –ANSM : PUBLIÉ LE 08/02/2024 : Dossier thématique - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (A - ANSM)

12ANSM : Dossier thématique - Le paracétamol - ANSM PUBLIÉ LE 08/02/2024 - MIS À JOUR LE 25/06/2024 : Dossier thématique - Le paracétamol - ANSM

13 HAS : Eléments concourant à la décision d’arthroplastie du genou et du choix de la prothèse fev 201314 Hermans J, et al, BMC Musculoskeletal Disorders 2019; 20: 196-205 

15 Essai en cours :Embolisation des artères géniculées pour gonarthrose résistante au traitement médical : résultats de l’essai LipioJoint-1 30/11/23 Doi  M. Sapoval , C. Querub 

16 Societé Francaise de Radiologie : EMBOLISATION ARTERIELLE EN RADIOLOGIE Mise à jour : 09-2021

17 Alfredson H, Ohberg L, Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2005; 13: 74-80

18 Bonnet CS, Walsh DA, Rheumatology 2005; 44: 7–16

19 JVIR : S.BAGLA T.HARTMANN Genicular Artery Embolization for the Treatment of Knee Pain Secondary to Osteoarthritis 2020 Jul; Genicular Artery Embolization for the Treatment of Knee Pain Secondary to Osteoarthritis - PubMed

20 HAS :  Bon usage des médicaments opioïdes : antalgie, prévention et prise en charge du trouble de l’usage et des surdoses, Mars 2022 : Haute Autorité de Santé - Bon usage des médicaments opioïdes : antalgie, prévention et prise en charge du trouble de l’usage et des surdoses

21 COFER, Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l'adulte et chez l'enfant - Anti-inflammatoires non stéroïdiens et corticoïdes, disponible sur le site du COFER, consulté le 30/06/2025 : Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l'adulte et chez l'enfant - Anti-inflammatoires non stéroïdiens et corticoïdes

23 Journal Officiel, Décret d’application du déremboursement des AASAL , 16 janvier 2026

24 VIDAL, Compléments alimentaires à visée articulaire : la glucosamine et la chondroïtine sulfate potentiellement à risque, disponible sur le site du VIDAL, avril 2019

25 Swain S, Sarmanova A, Coupland C, Doherty M, Zhang W. Comorbidities in osteoarthritis: a systematic review and meta analysis of observational studies. Arthritis Care Res 2020;72(7):991-1000. http://dx.doi.org/10.1002/acr.24008

 26 Palazzo C, Nguyen C, Lefevre-Colau MM, Rannou F, Poiraudeau S. Risk factors and burden of osteoarthritis. Ann Phys Rehabil Med 2016;59(3):134-8. http://dx.doi.org/10.1016/j.rehab.2016.01.006

27 Fernandes GS, Valdes AM. Cardiovascular disease and osteoarthritis: common pathways and patient outcomes. Eur J Clin Invest 2015;45(4):405-14. http://dx.doi.org/10.1111/eci.12413

28 Kloppenburg M, Berenbaum F. Osteoarthritis year in review 2019: epidemiology and therapy. Osteoarthritis Cartilage 2020;28(3):242-8. http://dx.doi.org/10.1016/j.joca.2020.01.002 

29 Constantino de Campos G, Mundi R, Whittington C, Toutounji MJ, Ngai W, Sheehan B. Osteoarthritis, mobilityrelated comorbidities and mortality: an overview of metaanalyses. Therapeutic Adv Musculoskelet Dis 2020;12:1759720X20981219. http://dx.doi.org/10.1177/1759720x20981219

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31 JVIR : Y.OKUNO Transarterial Embolization of Neovascularity for Refractory Nighttime Shoulder Pain: A Multicenter, Open-Label, Feasibility Trial dec 2022 : Transarterial Embolization of Neovascularity for Refractory Nighttime Shoulder Pain: A Multicenter, Open-Label, Feasibility Trial - Journal of Vascular and Interventional Radiology