L’évolution récente de l’IRM favorise un meilleur diagnostic des cancers, tout en assurant un meilleur suivi des patients. Les produits de contraste, couplés aux apports de l’intelligence artificielle, contribuent à cette avancée.

Enjeu majeur de santé publique, les cancers représentent la deuxième cause de décès dans le monde, avec plus de dix millions de personnes touchées en 2019 *. Et le fardeau mondial continue de croître : le nombre de cas devrait doubler d’ici à 2040, comparé à 2012. Les cancers les plus fréquents concernent la prostate chez l’homme et le sein chez la femme. La prise en charge est d’autant plus efficace que la détection est anticipée, parfois avant même que la maladie ne survienne, notamment chez les patients à risques . L’imagerie demeure centrale dans la prise en charge car elle permet de localiser, quantifier, estimer l’étendue des tumeurs ainsi que de suivre leur évolution sous traitement.

Plusieurs techniques d’imagerie coexistent : le scanner, l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’échographie mais aussi le PET (ou TEP pour Tomographie par Emission de Positons en Français), seuls ou combinés à d’autres technologies comme le scanner (PET-scan) ou l’IRM (PET-IRM). Ces appareils sont coûteux et pour l’instant très peu accessibles, y compris dans les pays développés.

L’IRM une technique d’imagerie très performante...

L’examen de l’IRM en particulier est basé sur l’utilisation d’un champ magnétique, induit par un puissant aimant cylindrique. Soumis à ce champ, les atomes d’hydrogène présents sur les molécules d’eau, en grande quantité dans les tissus de l’organisme, se comportent comme des petits aimants. Activités par une onde électromagnétique externe, ils émettent alors des signaux, captés par un détecteur spécifique et retranscrits en images sur un écran d’ordinateur.

L'IRM est un examen indolore qui donne des images de l’intérieur du corps humain, en deux ou trois dimensions. On le prescrit notamment pour visualiser les « tissus mous » : cerveau, moelle épinière, viscères, muscles, tendons, etc. Cette technologie, qui n’utilise pas les rayons X, ne présente aucun risque d'irradiation pour le patient.

Et toujours en évolution

Les nouvelles IRM permettent de réaliser plus rapidement des images et avec une meilleure résolution spatiale. De nouvelles machines à très bas champ magnétique ont vu le jour. Par exemple, un dispositif portatif de 0,064 tesla (à comparer aux 1,5 ou 3 teslas des IRM actuelles) effectue des imageries du cerveau au lit du patient. Compact, il est équipé de roulettes. Il est également peu gourmand en électricité, consommant l’équivalent d'une machine à café.

Des progrès ont aussi été accomplis dans les IRM à très haut champ magnétique. Dans le cadre du projet Franco-Allemand ISEULT ou Guerbet a été impliqué, un aimant à 11,7 teslas a été conçu par des ingénieurs du CEA. C’est l’IRM le plus puissant au monde destiné à l’imagerie chez l’être humain.

Enfin, l’IRM de diffusion, capable de détecter la densité cellulaire, est de plus en plus utilisée en oncologie. Mise au point dans les années 1980 en particulier par Denis Le Bihan, qui a été directeur de thèse, elles fournissent des informations sur la microstructure des tissus en complément des séquences avec agents de contraste.

MRI Scan

Iseult, l’IRM le plus puissant au monde situé sur le plateau de Saclay (Crédit photo : AFP)

Des systèmes d’injection connectés pour une meilleure traçabilité

Du côté des injecteurs, l’enjeu est de faciliter le suivi des injections et d’accroître la sécurité du patient. Comme pour l’exposition aux rayonnements ionisants des scanners, les systèmes d’injection permettent d’assurer la traçabilité de la dose. Les modèles connectés collectent les données des flacons dotés d’étiquettes datamatrix ou RFID (Radio-frequency identification), qui contiennent notamment les données relatives au produit de contraste (nature, dose, …). Ils permettent de centraliser les informations et de les mettre à la disposition des praticiens de manière simple et efficace.

Produits de contraste à haute relaxivité

L’évolution des produits de contraste est indissociable des progrès de l’imagerie par résonance magnétique.

Les produits à structure macrocyclique ont permis d’améliorer la sécurité des patients en réduisant le risque de rétention de gadolinium dans le corps. Le gadolinium est en effet un métal dont il faut limiter au maximum la libération dans l’organisme, conformément aux recommandations récentes des agences de santé de la plupart des pays du monde [1][2].

High-relaxivity contrast media

L’IA, au cœur du diagnostic

L’intelligence artificielle (IA) peut contribuer quant à elle à mieux voir les tumeurs cancéreuses et ainsi  ajouter de la fiabilité, de la rapidité et de la sensibilité dans la détection des cancers. Grâce aux algorithmes, aux bases de données et au Big Data, l’IA permet d’améliorer et d’accélérer l'analyse des images et ainsi, à terme, permettre une meilleure prise en charge du patient. Elle améliore aussi la pratique du radiologue, en stimulant sa productivité et la performance de son activité.

An AI solution currently being developed at Guerbet

Une solution d’IA en cours de développement chez Guerbet

* Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study 2019 (GBD 2019)

[1] EMA’s final opinion confirms restrictions on use of linear gadolinium agents in body scans (europa.eu)

[2] FDA Drug Safety Communication: FDA warns that gadolinium-based contrast agents (GBCAs) are retained in the body; requires new class warnings | FDA

I22001758 – 8 novembre 2022